Estampes érotiques, le sexe comme facteur d’innovation

Du VHS à l'internet, les évolutions technologiques des dernières décennies nous ont brillamment démontré que l'industrie pornographique était décisive dans le développement commercial, donc la diffusion, d'une innovation.
A Edo, 17ème siècle, dans un Japon médiéval en mutation, le même type de processus contribua grandement à la diffusion d'estampe japonaises. Les premières estampes ukiyo-e furent en effet conçues pour illustrer des manuels explicites sur la sexualité. Le sexe était considéré dans le Japon de l'époque comme une fonction naturelle et un moyen de s'amuser, donc ces images qui seraient censurées de nos jours n'avaient rien de particulièrement choquant.

C’est dans un contexte très particulier — celui d’Edo au 17e siècle, une ville en mutation échappant au contrôle social du Japon traditionnel — qu’ont pu apparaître les Shunga. Ce n’est pas parce que le sexe était considéré comme « naturel » que ces images n’étaient pas choquantes (et excitantes) pour la plupart des Japonais de l’époque. Aujourd’hui les sex-shops sont présents dans toutes les villes occidentales, mais rares sont les personnes qui affirment les fréquenter.
Cela dit, ces estampes restent parmi les meilleures dans le domaine de l’illustration érotique ou pornographique.
[...] Source : Estampes japonaises. [...]